mercredi 6 août 2014

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mercredi 12 octobre 2011

Drive

           Ne vous attendez surtout pas à voir une pâle copie de Fast and Furious, c’est d’ailleurs la mésaventure qui est arrivée à une américaine qui a décidé de porter plainte (source programme-tv.net). On ne fera aucun commentaire sur nos gentils amis américains. Le réalisateur de Bronson nous revient donc avec un thriller palpitant.

            Drive nous compte l’histoire de cet homme, «The Driver», cascadeur et mécanicien le jour, pilote pour les gangsters la nuit. Solitaire, il croise la route d’Irène qui va diamétralement changer son univers, ainsi que son dernier casse, qui va mal tourner. 


            On s’éloigne très largement du film type : course-poursuite et tutti quanti. Les grands angles du réalisateur nous permettent d’apprécier différemment les scènes de pilotage. Mais c'est surtout parce que l'on retrouve cette sensation dérangeante du film Somewhere, de Sofia Coppola, si ce n’est que les silences servent ici habilement à l’ambiance oppressante du film. Attention cependant, ils risquent de rebuter pas mal d’entre vous, voir pour d’autres à vous faire quitter la salle.

Hormis le synopsis, différent, de la fille de Francis Ford Coppola, Nicolas Winding-Refn se sert habilement de la mise en scène, dont il a reçu le prix à Cannes, la photographie et le scénario pour nous mener droit à travers un film déroutant.
           
            Ryan Gosling obtient enfin un rôle à la hauteur de son talent, que l'on avait pas revu aussi convaincant depuis The United State of Leland. On ne peut pas en dire autant de Carey Mulligan, qui à mon goût, paraît toujours aussi mièvre. Le reste du casting confirme la bonne tenu du film, avec les convaincants Bryan Cranston, Ron Perlman et Albert Brooks.

            Si certains regretteront la violence de certaines scènes, il s’écarte pourtant de l’ambiance effrayante de ces films passés. Cela permet un équilibre entre les scènes d’actions et silences évocateurs, et donnent finalement un rythme endiablé. Entre un Boulevard de la mort de Tarantino et le réalisme de Michael Mann, le réalisateur se transcende et signe un film poétiquement noir. Si l’on y ajoute une BO électrique, Nicolas Winding-Refn est enfin accessible à tous.


Vincent L.




jeudi 6 octobre 2011

Les Chats persans

           C’est un film de Bahman Ghobadi. Le titre est tiré notamment d’une scène du film, que résume le réalisateur : « En Iran, nous n'avons pas le droit de sortir ni avec un chat ni avec un chien. Par contre, dans nos maisons nous avons des chats, chers à nos yeux et d'ailleurs les chats persans coûtent très cher. Je les compare aux jeunes protagonistes de mon film, sans liberté et obligés de se cacher pour jouer de la musique ».

            A leur sortie de prison Negar et Ashkan décident de monter leur groupe de musique et de partir jouer à l’étranger. Car ils savent pertinemment que leur style, le rock indé ne sera jamais toléré par les hautes instances du pays. Ils vont sillonner Téhéran à la recherche de nouveaux musiciens.


            Ce film est un petit miracle, tourné sans aucunes autorisations à travers les rues de Téhéran, en seulement 17 jours. Mais c’est peut-être là le problème de ce film. Il manque véritablement d’un scénario, d’une trame, à tel point qu’au cours du film on se perd véritablement sur l’objectif de nos deux artistes.

            Malgré lui, Bahman Ghobadi n’a pas réussit un film, mais plutôt un clip géant d’une heure et demi. Un documentaire, sans scénario, ou la tension aurait été réellement perceptible et qui aurait rendu ce film beaucoup plus prenant. La photographie est tout simplement parfaite, en partie grâce aux prises de vues de Téhéran, qui sont pour certaines sublimes, et aux ambiances feutrées et intimistes des salles underground. Mais on ne rentre pas dans les personnages présents à l’écran. Il manque cette intensité qui permettrait de véritablement comprendre leur passion et la pression à laquelle sont soumis une partie de cette jeunesse.

            Ce film présente pourtant un avantage certain, on y découvre cette génération talentueuse de musiciens iraniens, rappeurs, rockeurs. Cette jeunesse qui ne demande qu'à s'exprimer librement. La bande son est tout simplement un chef-d'oeuvre persan. D'ailleurs, nos deux héros, un peu trop tendre pour être des acteurs récurrents, ont un réel pouvoir attractif dès lors que leur talent s'exprime. Si vous allez sur You tube vous découvrirez que Negar et Ashkan ont finalement réussi à faire leur concert. Dieu Merci! 



Vincent L.


lundi 26 septembre 2011

L'Apollonide - souvenirs de la maison close

           Avec Bertrand Bonello, on s’attendait à un film qui allait sentir bon le «sperme et le champagne», il s’éloigne pourtant des scènes, parfois insoutenables, du Pornographe ou de Tiresia. Il poursuit ici ses investigations sur le monde du sexe.

            L’Apollonide raconte l’apogée des maisons closes, avant que celles-ci ne soient définitivement interdites en France en 1946. On suit, pas à pas, la vie à l’intérieur des murs de cette maison, au sein duquel se côtoie une dizaine de filles de joies.


            Bertrand Bonello avait sous sa direction un casting où figurent tous les espoirs féminins, on ne citera que Hafsia Herzi (La Graine et le mulet), Céline Sallette également au casting du nouveau film de Philippe Garrel et remarquée dans la série l’Ecole du Pouvoir, Adèle Haenel, la Floriane de la Naissance des pieuvres, et pour finir la sublime Jasmine Trinca, actrice italienne, vu précédemment dans Nos plu belles années, La chambre du fils ou encore Romanzo Criminale, et qui n’a plus rien à prouver dans le monde du cinéma.

Le tour de main du réalisateur, est aussi dans la présence de nombreux réalisateurs, clients de la maison, dont Xavier Beauvois, qui interpelle après son sublime Des Hommes et des Dieux.

On retrouve cette façon de filmer, si près des corps, qui n’empêche pas d’apercevoir les imperfections, les angoisses et les peurs des prostitués. La photographie est digne des ambiances du XIXe siècle. L’esthétique du film donne l’impression d’être revenu à ces temps bénis du début du siècle, parfois même l’impression dérangeante de suivre un docu-fiction.

La mise en scène est convaincante, la bande-son décalée pour l’époque colle parfaitement avec l’ambiance feutrée et intimiste de ce film. Pourtant, si c’est sans doutes le meilleur film de Bertrand Bonello, celui-ci souffre de défauts communs à tous réalisateurs voulant trop bien faire. Il vous faudra patienter deux heures avant d’émerger des méandres de la maison close.

En se passant de toute trame émotionnelle, Bonello ne nous permet pas l’attachement nécessaire aux actrices, qui font de leur mieux pour rendre vivante cette prison. La série Maison Close, de Canal +, apparaît, dès lors, plus aboutie. En s’éloignant de l’érotisme, il signe pourtant un film poétique et éblouissant.

Peut-on y voir un sujet d’actualité, sur la réouverture des maisons closes en France, comme le suggère la dernière image du film. Car, en suivant les étapes nécessaire à la vie des filles au sein de la maison, Bertrand Bonello rappel les avantages qu’avait ce genre d’institution, mais aussi certains de ses défauts. 



Vincent L.


mardi 20 septembre 2011

La guerre est déclarée




 Valérie Donzelli a une réelle force dans la réalisation, elle met en image son propre vécu. Après La Reine des pommes, film tiré de sa rupture avec Jérémie Elkaïm, elle revient avec La Guerres est déclarée.

Quand Juliette (Valérie Donzelli) rencontre Roméo (Jémérie Elkaïm), c’est le coup de foudre immédiat. De leur union va naître Adam. Il apparaît vite que celui-ci est atteint d’un cancer au cerveau. Un dur combat, au cours duquel, leur amour va être mis à rude épreuve.



Si ce film est bien autobiographique, la réalisation et la mise en scène laisse planer un ton bien loin de ce genre d’oeuvre. On se demanderait même si on n’est pas en train de regarder un docu-fiction. Cela tient sûrement au fait que le film a entièrement été réalisé avec un appareil photo : le Canon EOS 5D Mark II, dont la nouvelle génération s’est emparée pour tourner ses films.

Sans tomber dans le larmoyant, on passe par tous les états : le rire, les larmes, l’angoisse et l’espoir. Jamais en manque de rythme, ce film est à la fois touchant et plein de vie. Bien loin d'une oeuvre voyeuriste, ni narcissique, la réalisatrice met en images son histoire avec beaucoup de réalisme. Et cela paie car on accroche vite avec leur destiné.

Valérie Donzelli a sans doutes réalisé le film de cette rentrée 2011. De là à ce qu’il représente la France aux Oscars, on en est moins sûr. Malheureusement pour nous, les très attendus Polisse et The Artist sont hors délais pour être sélectionnés pour les Oscars 2011(la sélection se fait sur les films français sortis entre le 30 septembre 2010 et le 30 septembre 2011).

Car si  il est sûrement un digne représentant français, la musique est trop typée bobo parisienne et les acteurs, qui nous rappellent que la presse people existe, sont parfois brouillon, en manque de complicité, ou l’émotion n’est plus depuis leur séparation. Un film inégal et acidulé.




 Vincent L.


mercredi 14 septembre 2011

Habemus Papam

           Le trublion du cinéma italien, Nanni Moretti, nous est revenu cette année 2011, avec un film plutôt original, Habemus Papam.
L’histoire saugrenue d’un cardinal (Michel Piccoli), fraîchement élu Pape, mais qui se refuse à assumer sa fonction. On fait alors appel à un psychologue (Nanni Moretti) pour le remettre dans le droit chemin.


            Réalisateur émérite (La Chambre du fils, Le caïman), acteur confirmé (Caos Calmo, La Chambre du fils), Nanni Moretti représente cette nouvelle génération du cinéma italien, bien loin des néoréalistes. Si Moretti n’a pas voulu réitérer son genre, c’est peut-être la son erreur, évitant de tomber dans le questionnement psychologie, voir ici théologique, ou pire la satire, il ne parvient pas à insuffler à son film un véritable pouvoir comique.

            Ce film souffre surtout de longueurs inutiles et en perte de vitesse, (pour tout vous avouer je me suis même un peu endormi). Les deux mondes que tout opposent : Le Vatican découvert par le psy et le Monde réel par le Pape, provoquent une fracture dans le film. La partie au Vatican laisse même place à des scènes grotesques, alors que l’on voit errer le Pape dans Rome, sans que son histoire n’amène le moindre soubresaut. 


            Malgré quelques pointes d’humour bien senties, seul Michel Piccoli tire son épingle du jeu. Émouvant, il interprète parfaitement l’innocence de se futur Pape perdu face à son destin.

            Si la légèreté était de mise dans cette histoire, elle n’est pas aboutie. Traiter ainsi un sujet aussi sérieux, avait de quoi plaire, mais les défauts du scénario et de la mise en scène gâche le film.

            A la sortie du cinéma seule une phrase interpelle réellement, «j’ai aimé ce film, en plus j’adore les vieux, ils sont vraiment touchants ».  La clé est peut-être là, un film pour retraités, au risque qu’ils s’endorment pendant la projection.



Vincent L.



mardi 6 septembre 2011

Cyrano de Bergerac

1990 restera comme une année faste pour le cinéma, Danse avec les Loups, Maman j’ai raté l’avion, Ghost, Sailor et Lula, Les Affranchis, Le cercle des poètes disparus et tant d’autres… Un film pourtant va marquer de son empreinte le cinéma.

Jean-Paul Rappeneau (Le Hussard sur le toi et Bon Voyage) tenta un pari risqué, adapter au cinéma l’œuvre d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac. Tombée dans le domaine public, il lui était aisé de l’adapter à sa guise. Une réalisation fidèle, osée et réussie.

Les décors, les costumes, l’ambiance, la mise en scène, tout, absolument tout, sert ce film de capes et d’épées. Une épopée de deux heures, haletante, qui vous laisse en émois face au destin de Cyrano (Gérard Depardieu) amoureux de la belle Roxanne (Anne Brochet), qui elle, ne veut que le beau Christian (Vincent Pérez). Ce dernier, ignorant ce que ressent Cyrano, lui demande de l’aide pour séduire Roxanne. Un triangle amoureux, sur fond de XVIIe siècle.


            Il fallait à Jean-Paul Rappeneau un acteur capable de laisser s’envoler le vers et de tenir ce rôle physique. Une évidence s’imposait alors, Gérard Depardieu, le seul acteur disposant d’une polyvalence sans faille. Le César et le Prix d’interprétation masculine à Cannes en 1990 ne lui ont pas donné tort. Pour la première fois, il est impossible de distinguer Cyrano de Depardieu, car l’acteur habite véritablement le personnage.

Gérard Dépardieu y réalise une interprétation toute en finesse et en justesse. Jacques Weber (le Compte de Guiche dans le film) et Jean Marais s’étaient essayés, avant lui, avec beaucoup moins d’aisance, à ce personnages, librement inspiré de Hercule Savinien de Cyrano de Bergerac.

Une prestation de haut-vol. Gérard Depardieu transcende le personnage de Cyrano. Il nous captive plus que le film lui-même. C’est le rôle dont tout acteur rêve, le rôle de toute une vie. Il n'a d'ailleurs, selon mon avis, plus était capable de tenir un rôle correct depuis lors, comme si Cyrano hantait ses nuits. Il lui restera quand même de ce film, le panache. 


Vincent L.


Cyrano de Bergerac par G. Depardieu - Tirade des... par 4contreADP

mercredi 31 août 2011

Cowboys & Envahisseurs

         Comme annoncé lors de la sortie de Morning Glory, le pire est arrivé à Harrison Ford. Il a fallu qu’il se lance à nouveau dans un rôle de vieux bougon proche de la retraite. Au vue de ses derniers rôle, il serait d’ailleurs peut-être temps pour Indy de prendre une retraite bien méritée.


         Pour une fois la bande-annonce ne mentait pas : le navet attendu est arrivé. Monsieur Spielberg, n’en déplaise à votre légion d’honneur, la production n’est pas votre tasse de thé.

         Mêler westerns et extraterrestres aurait pu être intelligent, avec un peu plus d’autodérision, voir en faire un western spaghetti. L’erreur du film réside dans le fait de ne pas avoir entremêlé les genres. Le scénario est quand à lui inexistant.

         On passe donc une heure trente à regarder Harrison Ford et Daniel Craig en plan serré, heureusement ses plans sont beaucoup plus intéressants quand apparaît Olivia Wilde. Sinon pour voir des scènes à couper le souffle il faudra repasser.

         On ne s’éternisera pas plus sur ce western de science-fiction. On attend avec impatiente Blackthorn (un western, un vrai, imaginant la vie de Butch Cassidy s'il n'était pas mort en 1908). Avec tout ça on allait presque en oublier le synopsis : les cowboys et les indiens s’unissent contre des envahisseurs extraterrestres. Tout est dis !


Vincent L.







mardi 23 août 2011

La Piel Que Habito

Le dernier Pedro Almodovar sortait en salle cette semaine.

Robert Ledgard est un brillant chirurgien. Déboussolé par la mort de sa femme, brûlée vive, il tente désespérément de mettre au point une nouvelle peau qui aurait pu la sauver. Ses tests et résultats sont de plus en plus concluants. Cette nouvelle peau pourrait résister à toute agression parasite et permettre de soigner de grandes maladies, Robert en est persuadé. Encore faut-il le prouver. Il va trouver en Vera, un cobaye humain parfait pour y parvenir.
Interprété par Antonio Banderas (Robert Ledgard) et Elena Anaya (Vera) et inspiré du roman de Thierry Jonquet, Mygale, paru en 1984, La piel que habito se distingue des précédents films  du réalisateur espagnol par un genre jamais abordé jusque-là, le thriller.

Un changement de taille qui opère plutôt bien dès les premières minutes. Almodovar fait fi des ingrédients qui avaient pourtant fait la qualité de ses précédentes œuvres. L’univers social, qui nourrissait la psychologie de ses personnages par le passé, a ici complètement disparu. Le spectateur se sent très vite étouffer dans un univers clos et enigmatique, jonglant assez subtilement entre fantastique et thriller.
Symbole de cette réussite, Antonio Banderas que l’on n’avait pas vu aussi bon depuis bien longtemps. Le  célèbre acteur espagnol canalise l’attention et donne au film, dans ce rôle démiurge vacillant entre génie scientifique et folie humaine, une force intense et sombre.
Pourtant, La Piel que habito souffre rapidement d’un manque d’énergie aussi bien dans le scénario que dans sa mise en scène. Le flashback qui constitue la moitié du film saborde tout suspense. La bande originale manque également de nervosité et contraste de manière assez surprenante avec ce que la bande annonce laissait présager. Les quelques rebondissements restants ne parviendront d’ailleurs pas à nourrir une intrigue, dont la fin reste banale et prévisible.
Almodovar signe là un premier thriller raté que la brillante interprétation de son acteur fétiche ne parviendra malheureusement pas à camoufler.
Diego C.

dimanche 14 août 2011

Melancholia

            Interprété par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, Melancholia se découpe en deux parties. La première se focalise sur l’échec du mariage de Justine (Kirsten Dunst) organisé par sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg). La deuxième se concentre davantage sur le personnage de Claire et sa peur de voir la planète Melancholia heurter la Terre. On assiste à une dépression de Justine et une montée des angoisses de Claire, sous fond d'apocalypse imminente. Les deux parties se complètent, se suivent, avec un fil conducteur en filigrane.
Récompensée par le prix d’interprétation féminine à Cannes, Kirsten Dunst est saisissante et transmet magistralement le malaise qui l’étreint. Ses sourires crispés, ses regards fuyants, ce bonheur affiché évoquent admirablement le mal-être qui l’habitait déjà dans Virgin Suicide (1999) où elle était éblouissante.  Charlotte Gainsbourg n’a pourtant rien à lui envier dans ce rôle d’une Claire angoissée, apeurée mais volontaire.

Mais bien plus qu’à travers le jeu des acteurs, Melancholia  illumine surtout l’écran par sa plastique travaillée et sa mise en scène éblouissante. L’admiration du réalisateur pour l’esthétique nazie n’y est pas anodine. Melancholia est un brillant hommage au romantisme allemand et tire son essence de chaque plan filmé, à l'image du courant dont il s'inspire. Chaque lumière saisie, chaque image décomposée, font de certaines scènes de véritables tableaux en présence, dignes des plus grands peintres, que la musique de Wagner sublimera encore davantage.
Filmés uniquement en Suède, les plans panoramiques et les paysages sont splendides. Lars Von Trier fait ici étalage de tout son talent de metteur en scène, avec une virtuosité et volupté déconcertante. Melancholia n’est pas un film, il est un chef d'oeuvre pictural, dont les premières scènes prophétiques du prologue subjuguent et envoutent par leur éclat. L’épilogue apocalyptique a, quant a lui, des allures de paradis et confirme que Lars Von Trier est avant tout un réalisateur de génie. Esthéticien hors pair, il nous livre une composition artistique prodigieuse, peut-être sa plus aboutie.
Ne pas revenir sur les propos qui avaient entaché sa venue à Cannes parait dès lors difficile. Son éviction du festival pour ces propos limites avait fait office de punition. Mais à en voir Melancholia, ne pas lui décerner la palme en était déjà une, bien plus sévère.
 Diego C.